FAUT-IL ENCORE UN PILOTE DANS L'AVION ?

Questionnaire et Réponses obtenues

Questionnaire en ligne sur le devenir du métier de pilote de ligne

 

Le questionnaire comportait une version en anglais :

 http://www.futureofairtransportsurvey.com

Réponses et analyse

 

Voici les réponses de 245 personnes au questionnaire posé sur internet au 15 février 2014.

 

Sexe : 73 % homme, 27 % femme

 

Tranches d’âges :

  • 40,0%  40-65 ans

  • 24,1 % 18-26 ans

  • 18,8 % 27-39 ans

  •   8,2 % > 65 ans

  •   7,3 % < 18 ans

  •   1,6 % pas de réponse

 

Nationalité, réponses supérieures à 1 % :

  • 58,6  % France

  • 16,6  % USA

  •    3,0 % Royaume-Uni

  •    3,0 % Inde

  •    2,4 % Pays-Bas

  •    1,8 % Algérie

  •    1,2 % Philippines

  •    1,2 % Fidji

 

Activité :

  • 59,6 % en activité professionnelle ou demandeur d’emploi

  • 21,6 % étudiant

  • 14,7 % sans activité professionnelle ou retraité

  •   4,1 % pas de réponse

 

Profession, vous êtes, vous avez été ou vous étudiez pour être :

Cette liste concerne les professions techniques au sens large du terme, c’est-à-dire en relation avec l’utilisation d’engins, de machines, de systèmes.

  • 25,5 % autre, merci de préciser : contrôleur aérien, APTECH COMP, banque, BTEC HND, cadre commercial

  • 22,2 % opérateur, conducteur, pilote d’engin, de machine, de système

  • 17,5 % à la direction, l’encadrement, la gestion, le juridique d’une entreprise utilisant des engins, des machines, des systèmes

  •   8,5 % chercheur, concepteur, ingénieur, programmateur d’engins, de machines, de systèmes

  •   2,4 % en charge de la réglementation, de contrôles administratifs d’engins, de machines, de systèmes

  •   1,9 % en charge de l’entretien, de la surveillance d’engins, de machines, de systèmes

  • 22,0 % pas de réponse

 

Prenez-vous régulièrement l’avion ?

  • 31,0 % régulièrement, plusieurs fois par an

  • 19,6 % très souvent, toutes les semaines

  • 13,5 % une fois par an

  • 12,7 % rarement, moins d’une fois par an

  •   9,0 % souvent, plus d’une fois par mois

  •   7,8 % non, jamais

  •   6,5 % pas de réponse

 

Vous arrive-t-il d’avoir peur en avion ?

  • 55,5 % non, jamais

  • 23,3 % rarement

  •   9,4 % de temps en temps

  •   2,9 % souvent

  •   1,6 % toujours

  •   1,2 % j’ai la phobie de l’avion

  •   6,1 % pas de réponse

 

Opinions des personnes ayant répondu au questionnaire :

 

  1. Croyez-vous qu’un jour un avion avec des passagers volera sans pilote à bord ?

  • 44,5 % oui

  • 40,8 % non

  •   8,6 % je ne sais pas

  •   6,1 % pas de réponse

 

  1. Si oui, à quelle échéance pensez-vous que cette mutation puisse se faire ?

  • 20,9 % d’ici à 20 ans

  • 11,1 % d’ici à 10 ans

  •   9,8 % d’ici à 35 ans

  •   4,9 % plus de 50 ans

  •   1,2 % plus d’un siècle

  •   1,6 % autre, merci de préciser : 5 ans

  •   2,9 % je ne sais pas

  • 47,6 % pas de réponse

 

  1. Si non, quelle serait alors la principale raison pour conserver un ou plusieurs pilotes à bord ?

  • 23,0 % sécurité

  •   3,7 % rassurer les passagers

  •   2,5 % responsabilité, assurance

  •   1,6 % efficacité

  •   1,2 % autre

  •   0,4 % économie

  •   0,4 % je ne sais pas

  • 67,2 % pas de réponse

 

  1. D’après vous, la transition se fera en passant :

  • 22,4 % vers un seul pilote à bord, puis à zéro pilote 

  • 14,3 % vers un technicien (informaticien) de la compagnie, capable de débugger, reseter en vol certains systèmes de l’avion (communication, pilote automatique, navigation, etc.)

  •   6,1 % directement de plusieurs pilotes à zéro pilote à bord

  •   6,1 % je ne sais pas

  •   0,8 % autre

  • 50,3 % pas de réponse

 

  1. D’après vous, après la transition, qui sera responsable de la gestion et du pilotage de l’avion ?

  • 22,0 % un opérateur au sol de la compagnie aérienne

  • 11,6 % l’ordinateur de bord, l’avion étant autonome

  •   9,5 % le contrôle aérien

  •   2,9 % le chef de cabine du personnel navigant commercial à bord

  •   2,1 % je ne sais pas

  •   0,8 % autre

  •   0,4 % un passager désigné

  • 50,7 % pas de réponse

 

  1. D’après vous, quelle serait la principale raison pour s’affranchir des pilotes à bord ?

  • 20,4 % économie

  • 15,1 % sécurité

  •   5,7 % efficacité

  •   3,3 % autre

  •   2,4 % gestion du personnel, diminution du risque de conflits sociaux

  •   2,0 % je ne sais pas

  • 51,1 % pas de réponse

 

Les questions 7 et 8 s’adressent à des personnes ayant quelques connaissances en aéronautique.

 

  1. D’après vous, quel type d’avion pourrait être le premier sans pilote ?

  • 21,6 % avion-cargo

  •   6,5 % avion d’affaires, aviation générale, ULM

  •   4,1 % avion-fusée suborbital pouvant relier en moins de 3 heures l’Europe ou New York à Tokyo ou à Pékin

  •   2,9 % transporteur de troupes (militaire)

  •   1,2 % petit-porteur du type avion régional (< 100 places)

  •   0,8 % avion supersonique

  •   0,4 % moyen-porteur du type : A320, B737, Bombardier CSeries, Comac petit-porteur 919, Embraer petit-porteur 190, Mitsubishi Regional Jet, Sukhoi SuperJet

  •   0,4 % gros-porteur du type : A330/340, A350, A380, B747, B767, B777,  B787

  •   0,4 % autre

  •   7,3 % je ne sais pas

  • 54,4 % pas de réponse

 

  1. D’après vous, quel pays ou constructeur pourrait être le premier à franchir le pas ?

  • 12,8 % constructeurs de drones militaires, comme : General Atomics (Predator, Reaper), Lockheed Martin (Sentinel), Northrop Grumman (Global Hawk), petit-porteur, etc.

  •   7,9 %je ne sais pas

  •   5,0 % USA : 8,3 % Boeing, c Cessna, c Gulfstream

  • c Europe : 3,3 % Airbus, c ATR

  •   2,1 % France : c Dassault

  •   1,7 % Japon : c Honda, c Kawasaki, c Mitsubishi

  •   1,7 % Chine : c Comac

  •   1,2 % autre, merci de préciser : UK

  • c Brésil : c Embraer

  • c Canada : c Bombardier

  • c Russie : c Iliouchine, c Sukhoi, c UAC/Irkut

  • c Ukraine : c Antonov

  • 56,0 % pas de réponse

 

  1. Croyez-vous qu’un jour la gestion du contrôle aérien puisse être automatisée ?

  • 51,2 % oui, par une gestion plus automatisée (sans échange radio entre contrôleurs et pilotes) et par la surveillance du système par des contrôleurs aériens

  • 25,2 % non

  •   9,1 % oui, à 100 % automatique, sans aucune intervention humaine

  •   5,4 % je ne sais pas

  •   9,1 % pas de réponse

 

  • Si non, quelle serait alors la principale raison pour conserver l’organisation actuelle ?

  • 15,9 % sécurité

  •   2,0 % rassurer les passagers

  •   1,2 % responsabilité, assurance

  •   0,8 % efficacité

  •   0,0 % économie

  •   0,0 % autre

  • 80,1 % pas de réponse

 

  1. Si oui, à quelle échéance pensez-vous que cette mutation puisse se faire ?

  • 26,5 % d’ici à 20 ans

  • 19,6 % d’ici à 10 ans

  •   7,8 % d’ici à 35 ans

  •   4,9 % je ne sais pas

  •   2,4 % plus de 50 ans

  •   1,6 % plus d’un siècle

  •   0,8 % autre

  • 36,4 % pas de réponse

 

  1. D’après vous, quelle région du monde pourrait être la première à franchir le pas ?

  • 27,3 % Amérique du Nord

  • 11,4 % Asie

  • 10,2 % Europe

  •   6,1 % je ne sais pas

  •   4,9 % espaces océaniques

  •   1,6 % Amérique du Sud

  •   1,6 % Afrique, Moyen-Orient

  •   1,2 % Océanie

  •   0,8 % autre

  • 34,9 % pas de réponse

 

Avez-vous des commentaires à faire ?

  •   6,4 % Oui

 

Commentaires des internautes pouvant être exploités :

  • L’acceptabilité sociale dépendra du niveau de fiabilité opérationnelle des moyens de transport et de la gestion des situations non nominales. Les tarifs abaissés induits par la baisse des coûts associés à la banalisation du transport aérien renforceront l’attractivité. La problématique majeure proviendra sans doute de la cohabitation de deux systèmes (vols automatisés ou pas) dans le même espace aérien.

  • L’aviation d’après-demain sera conçue pour être exploitée par un pilote unique qui surveillera le système devenu fiable dans un premier temps sur des longs trajets.

  • Questionnaire qui demande beaucoup trop de connaissances sur le fonctionnement actuel de l’aviation pour répondre intelligemment.

  • Pilotless aircraft will be commonplace in the next 30 years.

  • We may not always realise it, but we depend on space technology orbiting on the Earth. So what would happen if it all stopped working?

  • XXX makes & handles a computer but a computer cannot do this.

 

Récapitulatif des résultats

 

Les hommes sont majoritaires à avoir répondu au questionnaire (72,7 %) et la tranche d’âge principale est celle des 40-65 ans (40 %).

La majorité des personnes ayant répondu au questionnaire est française (58,6 %), puis américaine (16,6 %), en activité ou demandeur d’emploi (59,6 %), avec comme professions les plus citées dans la rubrique « autres » (25,5 %) : contrôleur aérien, APTECH COMP, banque, BTEC HND, cadre commercial, suivies d’« opérateur, conducteur, pilote d’engin, de machine, de système » (22,2 %).

Les personnes ayant répondu au questionnaire sont des habituées de l’avion, le prennent « plusieurs fois par an, très souvent et souvent » (59,6 %) et n’ont jamais ou rarement peur en avion (78,8 %).

Les personnes ayant répondu au questionnaire pensent majoritairement qu’un jour un avion avec des passagers volera sans pilote à bord à 44,5 %, contre 40,8 %. Le taux de réponse est élevé, et ceux qui ne savent pas et n’ont pas répondu ne sont que 14,7 %.

Les personnes ayant répondu au questionnaire pensent majoritairement que les pilotes qui resteront à bord le seront pour des raisons de sécurité (23 %) ; en revanche ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 67,9 %.

Les personnes ayant répondu au questionnaire pensent majoritairement que les pilotes ne resteront pas à bord, la mutation se fera dans les 20 ans (20,9 %) ; ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 50,9 %.

D’après eux, la transition se fera en passant vers un seul pilote à bord, puis à zéro (22,4 %) ; ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 56,3 %.

D’après eux, c’est un opérateur au sol de la compagnie aérienne (22 %) qui sera responsable de la gestion et du pilotage de l’avion sans pilote ; ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 52,8 %.

D’après eux, la principale raison pour s’affranchir des pilotes à bord serait économique (20,4 %) ; ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 53,1 %.

D’après eux, le premier avion sans pilote sera un cargo (21,6 %) ; ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 61,7 %.

D’après eux, le premier constructeur à franchir le pas sera un constructeur de drones militaire (12,8 %), suivi de Boeing (8,3 %) et le premier pays concerné sera les USA. Ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 63,9 %.

Les personnes ayant répondu au questionnaire qui pensent qu’un jour la gestion du contrôle aérien sera entièrement automatisée sont peu nombreuses (9,1 %) ; la majorité absolue (51,2 %) pense à un contrôle plus automatisé, mais toujours avec des contrôleurs. Ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas ne sont que 14,5 %.

D’après eux, la principale raison pour maintenir des contrôleurs aériens serait la sécurité (15,9 %). En revanche, ceux qui n’ont pas répondu sont 80,1 %.

D’après eux, cette mutation se fera d’ici 20 ans (26,5 %). Ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 41,3 %.

D’après eux, la région du monde qui pourrait être la première à franchir le pas est l’Amérique de Nord (27,3 %). Ceux qui n’ont pas répondu et ne savent pas sont 41 %.

Les personnes ayant répondu au questionnaire ont fait peu de commentaires (6.4%).

 

Analyse des résultats

 

Avec seulement 245 réponses pour une campagne payante de 16 jours, les résultats sont peu représentatifs, cependant ils constituent la base de ma réflexion.

Malgré une version en anglais et une campagne qui couvrait un nombre important de pays, la part la plus importante des personnes ayant répondu au questionnaire sont françaises, le bouche à oreille et la communication par internet expliquant certainement ce résultat.

Ce qui m’a surpris, dès le début de la mise en ligne du questionnaire, c’est l’importance de la part d’absence de réponse pour les 12 questions de fond (1 à 12). En effet, 8 sur 12 questions dépassent les 50 % d’absence de réponse ajoutées aux réponses « je ne sais pas ». Cela peut signifier que les questions ont été mal posées et/ou mal interprétées, ou que les personnes n’étaient peut-être pas suffisamment préparées ou matures pour ce sujet.

Et pourtant, les personnes ont répondu majoritairement et sans surprise qu’un avion volera un jour sans pilote à 44,5 %, contre 40,8 % pour le « non ». Le faible écart (3,5 %) montre que les personnes sont encore dans l’expectative. En revanche et paradoxalement, la vision d’un monde aérien automatisé arrivera assez rapidement, à dans 20 ans, pour les avions comme pour le contrôle aérien.

La transition se fera d’abord en passant d’un pilote à bord, puis à zéro et les avions-cargos seront les premiers concernés. La raison principale pour s’affranchir des pilotes sera d’abord économique avant d’être sécuritaire, et la gestion du vol reviendra à un opérateur au sol de la compagnie. Cependant dans le cas où les pilotes seraient conservés, ils le seraient pour des raisons de sécurité.

En dehors des avions-cargos, c’est l’aviation d’affaires, l’aviation générale (aéro-club) et ULM qui seraient concernés par le vol autonome. Ce qui est paradoxal, car à part l’aviation d’affaires, il s’agit d’un loisir, du plaisir de piloter, et le coût d’une telle automatisation augmenterait d’autant le prix de l’avion. En revanche, pour la nouvelle génération d’avions qui remplacera les B737 et A320, il y a eu très peu de réponse positive pour envisager un avion sans pilote…

Autre sujet d’étonnement, à la question : « Quel pourrait être le premier constructeur à franchir le pas ? », en dehors des fabricants de drones actuels, qui ne sont pas des constructeurs d’avions civils, c’est Boeing qui arrive en tête largement devant Airbus... Corroboré par la question : « D’après vous, quelle région du monde pourrait être la première à franchir le pas ? », c’est l’Amérique du Nord qui arrive en tête, comme pour le pays, les USA. Pourtant la culture anglo-saxonne laisse une place plus importante à l’homme qu’à la machine. Youri Gagarine avait les commandes de vol bloquées de son Vostok lors de son premier vol dans l’espace, et Airbus semble plus sensible au développement des automatismes de ses avions que Boeing.

Sans surprise, à la question : « Croyez-vous qu’un jour la gestion du contrôle aérien puisse être automatisée ? », le « oui, par une gestion plus automatisée » l’emporte largement à plus de 50 %. Ici la question est peut-être plus accessible, puisque l’absence de réponse tombe à 9,1%, le taux le plus bas du questionnaire. En revanche, la question suivante : « Quelle serait alors la principale raison pour conserver l’organisation actuelle ? » est celle qui obtient le plus fort taux d’absence de réponse à 80,1 %, alors que les réponses qui concernent le « non » représentent 25,2 %.

 

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